↑ Retour à L’homophobie

Imprimer ceci Page

Divers

France : Six mois de prison ferme pour les deux agresseurs d’Orléans

Les deux hommes accusés d’avoir passé à tabac un couple homosexuel en pleine journée, mi-avril à Orléans (lire Quotidien du 19 avril), ont été condamnés par le tribunal correctionnel de la ville à un an de prison, dont six mois ferme, ainsi que 3.000 euros de dommages-intérêts et frais de justice. Les victimes, David, 21 ans, et son compagnon Kevin, 18 ans, se tenaient par la main à un arrêt de bus, sur un boulevard d’Orléans, lorsque les agresseurs les ont insultés depuis leur voiture, avant de sortir les frapper violemment. «Juste avant, j’étais sur un nuage, raconte David à Têtu. On ne se rendait compte de rien autour de nous, jusqu’à ce qu’on nous lance une bouteille d’eau. J’ai été choqué qu’ils soient allés jusqu’à se garer pour venir nous frapper.» «Ce ne sont pas des hommes, ils méritent une bombe», avaient déclaré les agresseurs au commissariat au moment de leur confrontation quelques jours plus tard, grâce à une identification rapide. Ils ont proféré quatre fois des menaces de mort détournées: «On en a retrouvé plus d’un égorgé sur les bords de Loire» ou «Si personne n’était intervenu, on les aurait détruits.» Lors de leur procès très médiatisé, vendredi 12 mai, ils ont surtout cherché à nier le caractère homophobe de leur agression. Pour Denis Lefevre, président de l’association GAGL (Groupe action gay et lesbien) Loiret, qui s’était portée partie civile, cette condamnation «est un message fort à destination des agresseurs potentiels.» L’incident a d’ailleurs été le déclencheur de la cellule de crise contre les agressions.

Quotidien du 24 avril 2006.

France : Création d’une cellule de crise contre l’homophobie

Après la survenue de plusieurs agressions homophobes, une cellule de crise vient d’être mise en place par les associations Sos homophobie, le SNEG, Act Up-Paris et le Groupe action gay et lesbien-Loiret (GAGL). «Le climat est de plus en plus violent, explique Jacques Lize, secrétaire adjoint de Sos Homophobie, les gens homophobes passent de plus en plus des paroles aux coups. Cette homophobie physique est symptomatique de la vague de recrudescence.» La cellule vise à informer et à lutter contre ces violences. Sos homophobie rapporte que le nombre de témoignages d’agressions physiques a été multiplié par 6 entre 2000 et 2004. «Les exemples récents de procès montrent d’autre part que les homophobes se sentent dans leur droit lorsqu’ils insultent ou frappent des homosexuels simplement parce qu’ils existent, déclare les associations dans leur communiqué. Loin de témoigner un repentir, la plupart semble convaincu que l’homosexualité est "inférieure à l’hétérosexualité", comme l’avait déclaré le député Christian Vanneste dans la presse, et se sent investi d’une mission pour nettoyer la France des homosexuels.» Les témoignages reçus par Sos homophobie en 2005 indiquent que ces agressions sont souvent le fait de mineurs ou de jeunes majeurs. Or, aucune action de sensibilisation réelle à la lutte contre l’homophobie n’est encore prévue dans les programmes de l’Éducation Nationale. Pour rejoindre ces associations: associations@sos-homophobie.org .

(24 avril 2006)

Une agression physique tous les trois jours : le constat de SOS homophobie.
«Le cassage de pédés reste une activité prisée»

Par Charlotte ROTMAN

Cela débute par des remarques désagréables, puis viennent les insultes. Et les coups. L’an dernier, 131 personnes ont appelé l’association Sos homophobie pour se plaindre d’une agression physique. Soit une tous les trois jours. Cela représente 10 % des 1 212 appels ou courriers adressés à la ligne d’écoute. Depuis 2000, les témoignages d’agression physique recueillis par l’association ont été multipliés par six. «Le fil est mieux connu, davantage de témoignages affluent. Les gens refusent de plus en plus ce qui leur arrive», a analysé Flannan Obé, le président de l’association, en présentant hier son rapport annuel, à la veille de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie.

Ces violences interviennent à 49 % dans les lieux publics. Sylvie : enlacée avec sa copine, dans le métro de Lyon, elle se fait traiter de «gouinasse» par cinq jeunes femmes qui la frappent, ainsi que sa petite amie. Paul : il a été agressé dans un bois par huit jeunes, dont certains armés de bâtons. Les agresseurs disent qu’ils veulent faire «la police antipédé». Eric : il a été frappé sur la place principale d’un village de Gironde par deux garçons et une fille. «Le cassage de pédés reste une "activité" prisée par certains jeunes», note le rapport.

Ces violences s’exercent aussi dans d’autres lieux. Le voisinage : Pascal, qui vit en Seine-Saint-Denis, raconte le harcèlement dont il a été victime avec son ami (insultes, pneus crevés…). Certains pensent à déménager. Les lieux de travail ne sont pas épargnés : Frédéric, employé dans une boulangerie du Val-de-Marne, se fait régulièrement chercher par un collègue : «Pédale, je vais te choper avec mes potes.» Les familles ne sont pas forcément des havres de paix. Sonia s’est fait tabasser par le frère de sa petite amie. «Malgré les progrès réalisés en matière de loi, de visibilité et de tolérance, l’homophobie et les clichés ont la vie dure», souligne l’association.

(Quotidien – Libération : mercredi 17 mai 2006)

Non-lieu dans l’affaire Sébastien Nouchet

La justice a rendu hier, lundi 25 septembre, un non-lieu dans l’enquête sur l’agression présumée de Sébastien Nouchet, un homosexuel qui avait accusé trois personnes de l’avoir brûlé dans son jardin en janvier 2004 à Noeux-les-Mines (Pas-de-Calais), a-t-on appris mardi de source judiciaire. «Nous n’avons pas pu élucider l’affaire et un non-lieu a donc été rendu», a déclaré à l’AFP Louis Wallon, procureur de la République de Béthune, confirmant des informations parues dans le quotidien régional La Voix du Nord. «Nous n’avons aucune certitude dans un sens ou dans l’autre, on ne sait pas avec des circonstances probantes ce qui s’est passé», a-t-il ajouté, soulignant que l’agression elle-même n’avait pas été nécessairement inventée par Sébastien Nouchet. Selon Sébastien Nouchet, qui avait 35 ans à l’époque, trois personnes l’auraient aspergé d’essence avant d’y mettre le feu en janvier 2004 dans son jardin de Noeux-les-Mines, près de Béthune. Brûlé au troisi! ème degré, Sébastien Nouchet avait été hospitalisé en Belgique. Au moment de l’enquête, la justice avait déclaré qu’il avait déjà été victime de violences de nature homophobe, et que ses biens avaient déjà été dégradés pour les mêmes raisons. Un jeune homme de 21 ans avait été mis en examen en mai 2004 pour cette agression, avant d’être mis hors de cause quelques jours plus tard. Louis Wallon a également confirmé que Sébastien Nouchet avait désigné un homme comme l’un de ses agresseurs alors que ce dernier était incarcéré au moment des faits. Révélée début février, l’agression de Sébastien Nouchet avait provoqué de vives réactions et des manifestations de soutien à la victime, accélérant notamment l’idée d’une loi contre l’homophobie. Jacques Chirac avait écrit au compagnon de Sébastien Nouchet, soulignant sa «profonde indignation» face à ce «crime odieux». Le Premier ministre d’alors, Jean-Pierre Raffarin, lui avait également écrit. Le garde des Sceaux de l’ép! oque, Dominique Perben, avait reçu la mère et le compagnon de! la victime et dénoncé une «agression odieuse à caractère homophobe», demandant au parquet de Béthune d’agir «avec la plus grande fermeté». Le 8 décembre 2004, après plusieurs reports, l’Assemblée nationale avait adopté un projet de loi créant la Haute autorité contre les discriminations incluant un dispositif contre le sexisme et l’homophobie. (avec AFP – 26.09.2006)

Lien Permanent pour cet article : http://www.oserenparler.com/lhomosexualite/lhomophobie/phobiedivers/