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Les causes de l’homosexualité

Après avoir décrit et analysé ce qu’est l’homosexualité, puis les besoins et le vécu d’une personne vivant dans l’homosexualité, nous abordons maintenant la partie la plus délicate de la question que pose l’homosexualité : arriver à en définir les causes probables, et déterminer si l’on peut volontairement évoluer et changer.

Les causes sont multiples, complexes, peuvent entrer en interaction, et diffèrent selon les individus. On ne peut pas résumer l’homosexualité à une ou plusieurs raisons principales, même si dans certains cas des raisons se recoupent et semblent être communes à beaucoup. D’autre part, il semble qu’il n’y ait pas une seule homosexualité, mais des homosexualités.

Un nombre important de personnes – dont beaucoup ayant une préférence homosexuelle – seraient même d’accord pour ne pas tenter d’expliquer les causes du tout, et pour dire que l’homosexualité est simplement une autre forme normale de la sexualité. Et d’ailleurs, affirment-ils, pourquoi expliquer l’homosexualité, puisque l’on n’a pas cherché réellement à expliquer l’hétérosexualité ? Personnellement je ne me rattache pas à leur école de pensée : certes, beaucoup de choses sont si naturelles dans la vie qu’elles ne nécessitent pas vraiment une remise en question et une interrogation, cependant cela ne veut pas dire que l’on ne puisse pas ou que l’on ne doive pas les analyser et les expliquer.

Nous l’avons déjà dit, il est important de ne pas considérer l’homosexualité sous le regard exclusif et unique de la sexualité, car de même que pour l’hétérosexualité, l’attirance envers les personnes du même sexe n’est pas avant tout une question de sexualité, mais surtout une question d’affectivité, de sentimentalité, de recherche de sécurité. Certaines personnes ayant une préférence homosexuelle le prouvent d’ailleurs par leur absence de relations sexuelles, ou alors une sexualité peu active. Il serait ainsi plus juste de parler « d’homophilie » et de parler « d’hétérophilie » – ce qui aurait le mérite de ne pas opposer étroitement une hétérosexualité moyen de procréation et une homosexualité non procréatrice.

Nous allons essayer de cerner les différentes raisons qui peuvent mener à l’homosexualité, étant entendu que chaque personne reste unique et différente, et que ce qui suit représentera une synthèse des différentes recherches et propositions déjà établies sur le sujet.

Les dysfonctionnements du foyer familial

Les dysfonctionnements du foyer familial peuvent peser parfois très lourd dans la balance[1]. Mais bien plus précisément, ce qui va jouer un rôle essentiel de l’orientation affective et sexuelle, ce sont les « modèles masculins et féminins » proches de l’enfant.

Est-ce que les modèles masculins du père, des éducateurs, des pasteurs d’églises, des hommes influents entourant un garçon lui auront réellement donné envie de développer ses attributs masculins ? lui auront-ils également donné la sécurisation dans son genre ? lui auront-ils appris à apprécier et à respecter les richesses extraordinaires du monde des femmes et de la complétude hétérosexuelle ? Des propos comme « Mon père : c’était et c’est toujours un « tocard » , absent, inconsistant, ne s’intéressant à moi que négativement, se moquant de mes centres d’intérêt qui ne sont pas les siens » nous révèlent très souvent des personnes à préférence homosexuelle.

Est-ce que les modèles féminins de la mère, des éducatrices, des femmes influentes entourant un garçon lui auront donné envie d’être en paix avec le féminin en lui, et le féminin autour de lui ? Est-ce que cela lui aura donné aussi envie de développer ses attributs masculins ? est-ce que cela lui aura apporté une sécurisation dans son genre et avec le genre complémentaire ? ou au contraire des peurs, des angoisses, des doutes ? et là aussi est-ce que ces relations féminines proches lui auront révélé les richesses extraordinaires du monde des femmes et de la complétude hétérosexuelle ?

Ces questions fondamentales sont à poser exactement de la même façon pour les filles… Un certain nombre de femmes à préférence homosexuelle disent avoir subi un ou plusieurs abus traumatisants, les ayant déconnectées de la recherche de la complétude hétérosexuelle (abus d’autorité – y compris dans nos églises chrétiennes – abus affectifs, émotionnels, voire sexuels).

J’ai pu écouter Tony Anatrella, psychanalyste et spécialiste en psychiatrie sociale, prêtre, et il affirme ceci :

« On observe souvent, dans le cas de sujets qui ne vivent pas dans la continuité de leur identité sexuelle, une identification à une image idéale de l’autre sexe et un rejet d’une image du parent du même sexe, accablé de tous les maux. De nombreux homosexuels souffrent d’un déficit dans la capacité de relation inconsciente avec le parent de même sexe qui conduit à une ambivalence, une mise à distance de ce parent et une recherche de partenaire de même sexe érotisé. Dans un certain type d’homosexualité masculine, on observe que les hommes veulent être l’homme idéal que le père n’a jamais été, et dans le cas de l’homosexualité féminine, le besoin de se réparer par rapport à la mère et la fuite d’une relation : ne pas désirer un homme pour ne pas détruire l’éventualité d’une relation positive à la mère. »

Un grand nombre de personnes vivant dans l’homosexualité affirment avoir eu un père[2] effacé, distant, peu énergique et peu présent dans leur vie d’enfant. Elles ont été déçues dans leur attente affective, et inconsciemment n’ont pas pu se confronter et s’identifier à leur père, image de l’homme. Par la force des choses, l’allié de leur adolescence est donc devenu leur mère, qui a été quelquefois – et souvent en compensation – accaparante, dominatrice, surprotectrice et étouffante avec eux, dans un désir de soutien.

Freud, dans son étude sur Léonard de Vinci, explique ainsi la cause de l’homosexualité :

« Un très fort attachement érotique à une femme, le plus souvent à la mère, attachement suscité, favorisé par la tendresse exagérée de la mère elle-même, renforcé ensuite par l’effacement du père de l’existence de l’enfant ».

Selon Bieber, 69% des homosexuels ont une mère hyper-affective. La plupart d’entre eux la décrivent comme séductrice ou castratrice[3]. Les docteurs Gerard van den Aardweg (1987), Marmor (1980), Freud (1910, 1922), Siegelman (1974), Westwood (1960), Schofield (1965), Thomson (1973) et Kronemeyer (1980) ont observé que les hommes homosexuels ont un attachement anormal à la mère. Dans de tels cas, ces hommes s’identifieront plus tard de façon exagérée à la mère et se désidentifieront du père.

« On entend parler d’enfants qui, pas une seule fois au cours de leur enfance, n’ont eu leur père à eux pendant une journée entière ou même une demi-journée. Cela me semble terrible. Je dirais que c’est la responsabilité de la mère que d’envoyer le père et la fille, ou le père et le fils, se promener de temps en temps ensemble pour faire une expédition. Ce geste sera toujours apprécié par ceux qu’il concerne et certaines de ces expériences seront considérées comme un trésor durant une vie entière. »[4]

A cause d’un manque de proximité du père, – et ce à tous les niveaux, physique, intellectuel, émotionnel, affectif -, l’homme est devenu dans la vie des futurs « homosexuels » masculins, le personnage lointain et mystérieux qu’il leur restait à découvrir, tandis que la femme, elle, est devenue « celle que je connais bien, mon alliée, celle avec qui je suis déjà en unité », l’image du sacré, de la mère, de la personne à qui il ne faut surtout pas toucher, mais qu’il faut respecter et honorer sans jamais aller plus loin.

Ceci pourrait expliquer au tout début la fixation de leur attirance émotionnelle exclusivement envers un ami du même sexe, pour trouver d’abord écoute, affection, sécurité – le complément de ce qu’ils n’ont pas reçu de leur père – puis la focalisation de leur vie sentimentale d’abord, et par la suite sexuelle, sur l’homme, à un âge où elle devrait normalement se fixer sur le genre féminin.

Fait marquant : la personne très attirée par l’homosexualité éprouve le besoin psychique de se réaliser dans et au travers d’un autre homme, de devenir lui – ce qui est le signe d’une identification non encore réalisée – d’où parfois un phénomène de dépendance et parfois même de codépendance[5]. Son partenaire devient comme le prolongement de lui-même. Ce n’est pas le cas dans une relation hétérosexuelle équilibrée, où certes le désir de fusion, de possession de l’autre sont aussi présents, mais envers un partenaire qui est foncièrement différent et donc complémentaire.

« Notre identité ne peut s’acquérir que par la différentiation et même l’opposition. Elle suppose une communion avec la différence. Et non la fusion dans la ressemblance. »[6]

« Il est généralement admis que des relations familiales médiocres, où l’enfant n’a que très peu ou aucun contact affectif sain avec l’un ou deux de ses parents, favoriserait d’une façon significative le risque pour qu’il devienne homosexuel. Dans ce cas, la plupart commencent par éprouver des pensées homoérotiques au début ou après la puberté. »[7]

« Ce qui donne à l’enfant son identité, c’est la relation qu’il noue à l’intérieur d’un couple parental où le jeu de la complémentarité se fait normalement… L’homosexuel est quelqu’un qui continue à chercher son identité en miroir, parce qu’il lui a manqué une référence pour affronter la différence. Chaque fois que le couple parental a des problèmes relationnels graves qui mettent en cause leur complémentarité indispensable, – où l’homme et la femme sont chacun à leur place -, l’enfant en fait les frais »[8]

[1] Voir le tableau réalisé sur « la famille dysfonctionnelle »
[2] 82 % des homosexuels n’avaient pas de relations satisfaisantes avec leur père contre 18 % des hétérosexuels
[3] « L’homosexualité » – Jacques Corraze – PUF
[4] D. W. Winnicott – « L’enfant et sa famille » – Petite Bibliothèque Payot, p 123
[5] codépendance : besoin compulsif de dépendre d’une autre personne, et de la faire dépendre de nous, pour faire cesser un malaise psychique intérieur
[6] « Ton corps fait pour… un même corps ? » Daniel-Ange – Editions Le sarment – p.
[7] Idea – n°4 – avril 1993 – Dr Calum MacKellar
[8] in Famille chrétienne, n° 808 – Dr Fernand Sanchez

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