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La crainte d’être homo

« Pourquoi me condamne t-on à une éternité de souffrance parce que je suis ce que je suis ? » (Jean-Etienne)

La plus grande crainte d’un jeune, lorsqu’il découvre sa préférence homosexuelle, est non seulement liée à son mal-être intérieur personnel grandissant – il ne se sent pas comme les autres et cela l’angoisse -, mais aussi au fait d’être jugé négativement, d’être rejeté, de ne pas être compris. Il est vrai que des plaisanteries douteuses de toutes sortes sur les homosexuels fusent encore à tout moment et dans tous les milieux. Il s’en suit pour certains une honte et un rejet de leur être, lorsqu’ils découvrent leurs penchants homosexuels, qu’ils pensent ne pas pouvoir réprimer ou réorienter. « Non, pas ça, pas moi ! ».

Mais il y a davantage : pour certains, le choc est tellement important lorsqu’ils découvrent la vérité sur eux-mêmes à ce sujet, qu’ils peuvent entrer :

  • dans une victimisation définitiveJe suis victime de mon homosexualité, je ne pourrai jamais changer ; je suis victime des autres ou des événements, qui m’ont fait entrer dedans ; je suis victime de la perception de la société à mon égard »). Il y a en effet bris intérieur, fracture, perte et arrachement, sentiment d’être victime d’une intrusion, que l’on n’a ni choisie ni mesurée. C’est un choc psychologique et physique terrible qui est subi de plein fouet.
  • dans un sentiment de deuilJe dois renoncer à l’hétérosexualité, je ne pourrai pas vivre comme tout le monde, me marier et avoir des enfants »). Un état de morbidité peut même s’installer, avec des pulsions masochistes et de vengeance. La personne flirte parfois avec le deuil et la mort.
  • dans le déni et le douteJe ne suis pas comme cela, ce n’est pas vrai, c’est passager, en fait je suis hétérosexuel »). Le déni ou le doute peuvent durer plusieurs années, jusqu’au moment où la réalité s’impose sur le tard. En attendant, la personnalité s’est comme fragmentée partiellement, certains secteurs n’ont pas pu opérer un mûrissement nécessaire.
  • la colère et le sentiment d’injusticePourquoi moi, pourquoi suis-je comme cela, que m’a-t-on fait pour que je sois devenu comme cela ? C’est injuste. Pourquoi Dieu m’a-t-il créé comme cela ? »). Cette colère est souvent secrète et refoulée, elle ronge la vie intérieure. Elle s’accompagne de sentiments de rébellion, et peut conduire à la marginalité.
  • le marchandageJe vais procéder de telle et telle manière, et ça va partir »). Ce marchandage conduit parfois au désespoir et au suicide, lorsque le sujet s’aperçoit que tous ses efforts sont vains.
  • le sentiment d’impuissance et la désorganisation : « j’arrive difficilement à changer la situation… il n’y a peut-être aucune issue pour moi, je suis sans force et impuissant devant ce problème ; comment vais-je me réorganiser ? ». Le sentiment d’impuissance tend à faire entrer dans un état dépressif. Plus rien n’a de goût, la vie est désorganisée et brisée.
  • le rejet et la dévalorisation de soiJe suis un raté, un pédé, c’est n’importe quoi, je n’ai plus qu’à me cacher complètement des autres et à m’enterrer vivant »). Le rejet produit une mauvaise image de soi, une dévalorisation, il bloque le processus de maturation de la personnalité, et favorise par la suite la rigidité du caractère et le côté fuyant (détachement émotionnel de protection).
  • la honteJe ne peux pas en parler, mon drame doit demeurer secret toute ma vie, je l’emporterai dans mon cercueil »). C’est le sentiment pénible et douloureux d’être diminué, à cause d’une humiliation, de moqueries, d’une crainte de ne pas être à la hauteur de l’attente des autres et d’être découvert et déshonoré devant eux. La honte favorise la duplicité, la confusion, la dissolution de l’identité, la peur, la détresse et la rage.
  • la résignation et le fatalisme Je suis comme cela, je le resterai toute ma vie, il ne faut attendre aucune évolution. Qui pourra m’aider ? Qui pourra m’entourer ? Qui me dira la vérité sur ce que je ressens ? Personne ne se soucie vraiment de moi »). Ce fatalisme peut devenir d’autant plus grand qu’il y a fréquentation du milieu homo, qui bien souvent ne croit pas à une évolution vers un changement lorsque l’on affirme être homosexuel.
  • l’angoisse puis la dépression[1] Ma vie n’a pas de sens, je ne pourrai pas me marier et avoir des enfants, ma vie est fichue, je ne suis pas comme les autres, j’en ai marre, je baisse les bras »). 40 % des personnes pratiquant l’homosexualité ont des problèmes de dépression. L’avenir paraît bouché, la vie sans intérêt, alors les angoisses, la peur[2] et le découragement s’installent, puis un état dépressif, parfois même une véritable dépression nerveuse. Cet état pathologique, devenu courant de nos jours, est une sonnette d’alarme de l’organisme, notamment face à certains traumatismes. Il est marqué par un abaissement du sentiment de sa valeur personnelle, par du pessimisme, de la mélancolie, des angoisses continuelles et un affaiblissement du désir de vivre. Il nécessite quelquefois un traitement médicamenteux sur une longue période. Seuls ceux qui ont déjà traversé une dépression peuvent avoir une idée de la réalité très douloureuse des souffrances réelles et bien spécifiques qu’elle entraîne.
  • la culpabilité Si j’avais su ! j’aurais certainement pu éviter ça, je suis nul… je suis certainement responsable. J’aurais pu prévoir, et mieux faire… tout est de ma faute, et maintenant c’est certainement trop tard »). L’auto-accusation s’installe, puis la culpabilité. La culpabilité et le rejet engendrent la timidité et l’isolement social, le repli sur soi, la dissimulation, et l’enfermement dans une prison-ghetto inaccessible.

Au niveau spirituel, cette culpabilité peut-être accentuée par une lecture fondamentaliste et légaliste de certains versets de la Bible. Elle peut l’être également par une confusion entre l’homosexualité et les personnes la pratiquant. Ces confusions peuvent entraîner un rejet non seulement de toute religion, mais de toute relation entre les êtres créés et leur Créateur, leur Source. Cela éloigne alors les personnes concernées de toute mise en éclairage de leur besoins fondamentaux, et d’un comblement de ces besoins pour leur bien et celui de leurs proches, mais aussi de la réinitialisation et de la redécouverte de leur identité profonde et d’alternatives possibles d’épanouissement relationnel et sexuel.

Cela donne lieu à l’émergence régulière de pensées du type « Dieu m’a créé comme cela, Il ne m’aime pas » ou « Je ne peux pas changer, et comme cela ne semble pas souhaité par Dieu, donc je me coupe de lui et des chrétiens ».

  • la haine de la société et de l’EgliseIls ne comprendront jamais rien, je les déteste »). Cette haine de la société est accentuée par l’homophobie ambiante, et le fait qu’en arrière-fond, la société ne considère pas réellement les personnes pratiquant l’homosexualité comme des personnes à part entière.
  • le désir de mourirAutant quitter cette vie, elle est trop dure »). Beaucoup de jeunes pratiquant l’homosexualité font une tentative de suicide[3], la plupart ont entre 16 et 20 ans. Ils veulent cesser de souffrir et de se cacher à vie, en cherchant à entrer dans la mort.

« Je fuis ceux qui m’attirent si violemment, je n’ose pas adresser la parole à certains de mes camarades dont la vue me fait défaillir. Je me sens lâche et découragé devant eux ». (Adrien)

[1] dépression : du latin depressio, enfoncement
[2] et même dans certains cas une tendance un peu paranoïaque
[3] Une enquête indépendante, la première en France, dont les résultats indiquent l’étendue du phénomène, révèle : les risques de faire une tentative de suicide seraient 13 fois supérieurs chez les jeunes homos que chez des hétérosexuels du même âge ! Et un homme sur trois faisant une tentative de suicide serait homo ou bisexuel. Ces chiffres confirment les enquêtes nord-américaines qui indiquaient un taux de suicide de 6 à 16 fois supérieur chez les jeunes homos par rapport aux hétéros.
Menée entre 1998 et 2003 auprès de 933 hommes, âgés de 16 à 39 ans, l’étude réalisée par Marc Shelly (médecin en santé publique à l’hôpital parisien Fernand-Widal ) et David Moreau (ingénieur de recherche à l’association de prévention Aremedia) a été préparée et validée par Pascale Tubert-Bitter, directrice de recherche à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) à l’unité biostatistique et épidémiologie.

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