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Le divorce

« La solitude d’un divorce est beaucoup plus grande que la solitude expérimentée par une personne célibataire qui n’a jamais été liée dans le mariage » (Harold R. Eberle)

Le divorce, dissolution du mariage civil prononcée par jugement, touche la moitié, voire 60% (en 2013) des mariages célébrés. L’initiative du divorce est prise dans 73 % des cas par les femmes. La garde des enfants leur est accordée très souvent.

Les souffrances du divorce

Les conséquences d’un divorce (ou d’une simple séparation de corps) ne sont pas anodines, et souvent la séparation s’accompagne de souffrances de tout ordre :

  • à cause de la rupture du couple. Cette rupture représente toujours un traumatisme très pénible, accompagné de sentiments de colère, de culpabilité, de rejet, de trahison, d’abandon, d’humiliation et d’injustice, de solitude, d’échec et d’amertume. Il y a parfois déclaration de guerre entre les conjoints et différentes batailles successives, gagnées ou perdues tout à tour. Le recours à la protection de la police avec dépôt de plainte ou transcription sur un registre (main-courante) est quelquefois nécessaire.
  • à cause du vécu douloureux des enfants : ils en subissent de nombreuses conséquences, et de tout ordre
  • à cause du droit de visite de l’autre conjoint, sur l’enfant : l’autre viendra t-il chercher l’enfant ou non ? saura t-il bien s’en occuper ? le ramènera t-il, et s’il le fait, le fera t-il à l’heure ? L’enfant peut représenter une monnaie d’échange.
  • à cause de la situation conflictuelle, du stress, du climat de violences verbales et physiques, des différents traumatismes qui s’enchaînent, provoquant insécurité, dépression, perte d’appétit, insomnies, cauchemars
  • à cause de la perte des repères : affective, sexuelle, matérielle, financière
  • à cause d’un éventuel déménagement
  • à cause de la présence de nouveaux partenaires dans la vie respective des conjoints séparés
  • à cause de l’atteinte à la réputation opérée éventuellement par l’ex-conjoint, et de ses manipulations mensongères et malhonnêtes de tout ordre, y compris dans les deux familles et parmi les amis communs
  • à cause des complications d’ordre administratif et judiciaire, des dépenses financières élevées et de l’accumulation des dettes
  • à cause des préjudices et troubles subis : par exemple, le non versement de la pension alimentaire

Seulement le bon tiers des enfants de parents séparés ou divorcés depuis quelques années (800.000 sur 2.100.000) voient très régulièrement l’autre parent.

C’est un défi : les couples qui se séparent doivent réussir à séparer leur vie de couple de leur vie de parents, et ce dans une période de leur vie où les sentiments qui les habitent (colère, angoisse, déprime, rancune) sont assez actifs. Toutefois, c’est justement cette tâche que doivent accomplir les parents, s’ils veulent penser au bien-être psychique et moral de leurs enfants communs, sans mettre uniquement en avant leurs mobiles personnels bien compréhensibles.

Lorsque l’un des parents programme son enfant contre l’autre parent, au point de le dissuader même de le revoir, c’est qu’il a une peur panique de perdre son enfant après avoir déjà perdu son conjoint. Ou ce sont des sentiments de vengeance qui le poussent à vouloir frapper ou tourmenter l’autre parent.

Rappelons ici l’importance du soutien affectif, psychologique et moral de la famille d’une personne divorcée ou en attente de divorce. Ce soutien est primordial et doit être sans faille : écoute, empathie, disponibilité, protection, compréhension. Son rôle n’est aucunement de juger ou de s’immiscer mais d’être présente, pour éviter le pire. Parfois, le recours à un psychologue ou à un psychothérapeute sera nécessaire.

Les conséquences sur l’enfant

Selon la personnalité de l’enfant, le conflit conjugal et la séparation seront plus ou moins acceptés et assumés. Tout cela va le désorganiser, et il ne saura plus comment faire confiance à son père et à sa mère.

La perte de l’un des parents bouleversera profondément le « soi » de l’enfant, sa structure et sa substance. L’enfant se sentira brisé. Il aura l’impression que la perte de l’un des parents se dirige contre lui : « C’est de ma faute », ou « Je n’ai pas mérité que maman / papa reste ». L’enfant infligera alors une charge négative à une partie de lui-même ; une partie de sa personnalité subira une véritable amputation psychique, entraînant de possibles conséquences pour le développement de sa personnalité, notamment à long terme.

Pour supporter sa situation, l’enfant refoulera sa douleur, il la dissociera. Vu de l’extérieur, on ne pourra plus s’apercevoir de rien. C’est plus tard que ces enfants présenteront souvent des symptômes corporels ou psychiques et des problèmes comportementaux.

Tony Anatrella, psychanalyste, affirme quatre choses :

  1. l’enfant, pour se construire et édifier son unité interne, a besoin de participer à la cohérence parentale
  2. les parents sont, pour l’enfant, le fondement du réel
  3. l’enfant se considère souvent, à tort, être la cause des mésententes conjugales
  4. les parents inspirent une confiance quasi automatique aux enfants

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